Ce que Bernier peut faire pour les petites entreprises
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Ce que Bernier peut faire pour les petites entreprises |
Rick Spence 24 mai 2011 – 8 h 44 ET
Enfin un gros frappeurs pour le portefeuille des petites entreprises.
Le gouvernement n’a jamais su quoi faire exactement avec le poste du Ministre des petites entreprises et du tourisme. Vraiment, c’est un poste secondaire, généralement occupé par les nouveaux membres du conseil des ministres, ce qui démontre comment les gouvernements fédéraux successifs ont sous-estimé l’entreprenariat et l’innovation.
Levez la main si vous pouvez nommer le ministre de l’état pour les petites entreprises (Rob Moore du Nouveau Brunswick). Il est probablement reconnu pour avoir donné beaucoup d’argent de l’infrastructure aux écoles, aux centres communautaires et aux patinoires communautaires puisque le gouvernement fédéral pense que c’est ainsi que le développement économique fonctionne.
Depuis l’inauguration du nouveau conseil des ministres de Stephen Harper la semaine dernière, le portefeuille des petites entreprises a finalement un ministre qui comprend son affaire : l’ancien ministre de l’industrie, Maxime Bernier. S’il peut contribuer une stratégie créative qui mélange ses opinions souvent anticonformistes, son expérience commerciale (il a travaillé dans les domaines bancaire et économique), et ses instincts innovateurs (il est un parmi très peu de ministre qui blogue), Bernier fera peut-être quelque chose avec le portefeuille.
Oui, il est le ministre qui a laissé des documents confidentiels du conseil des ministres chez son ancienne amie de cœur, une ancienne motarde avec des amis problématiques. Mais ceux qui connaissent l’entreprenariat ont tendance à pardonner – il donne du crédit aux gens qui font des erreurs tout en apprenant de celles-ci. Bernier a aussi été un sceptique (sans jamais nier) des changements climatiques, ce qui le place en désaccord avec les grands courants du journalisme. Ce poste solitaire peut l’aider à comprendre le chemin difficile que des entrepreneurs innovateurs endurent chaque jour. Il est certain que les racines de Bernier sont bien placées.
Il est originaire de la Beauce, un petit groupe de communautés créatives et qui travaillent fort, dispersées entre la ville de Québec et la pointe nord du Maine. Reconnue localement comme le Royaume de l’entreprenariat, la Beauce se glorifie fièrement de son manque de ressources naturelles et de transport convenable. Elle a toujours dû survivre de son habileté à transformer des biens manufacturés que les gens veulent acheter – des poutrelles jusqu’aux gâteaux Vachon.
Dans les 1920, des fermiers locaux, Joseph-Arcade Vachon et Rose-Anne Giroux, ont emprunté 7000 $ pour acheter une boulangerie à Sainte-Marie-de-Beauce, en espérant qu’en faisant des brioches sucrés, leurs enfants reviendraient des États-Unis où ils étaient partis chercher de l’emploi. (Leur stratégie a fonctionné. En fait, vous connaissez déjà le nom de deux de leurs enfants, Jos & Louis, de leur fameuse gâterie).
Qu’est-ce que Bernier apportera au portefeuille des petites entreprises? Il n’était pas disponible pour une entrevue la semaine passée. Avec son historique, il semble invraisemblable qu’il lance de l’argent aux petites entreprises; ce qui est très bien, puisqu’il y a beaucoup d’autres choses que Bernier peut faire pour créer les conditions économiques et culturelles nécessaires pour faire réussir les petites entreprises.
Chaque entrepreneur qui lance un commerce et s’arrange seul, est une charge de moins pour le chômage et une source de revenu d’impôt net. Ce que Bernier peut faire est d’assurer que le gouvernement fédéral investisse dans l’infrastructure de l’entreprenariat : sûrement plus profitable que rénover des patinoires communautaires.
Ce qui veut dire :
Se fier aux banques pour une augmentation de l’appui aux petites entreprises. Les entrepreneurs ne devraient pas être obligés d’emprunter contre remise de leur maison pour avoir un prêt commercial. Et les banques devraient former à nouveau leur personnel pour aider les petites entreprise;, plutôt que de les transformer en vendeur. De ces jours, j’entends beaucoup d’entrepreneurs se plaindre parce qu’ils doivent enseigner à leur banquier à lire un bilan.
Appuyer les coalitions engagées à construire des réseaux d’entreprenariat plus forts. L’appui fédéral pour la Fondation Canadienne des Jeunes Entrepreneurs (qui fournit des emprunts sans intérêt et le mentorat aux entrepreneurs entre 18 et 34 ans) est exemplaire, mais beaucoup plus peut être faits. La plupart des entrepreneurs ne s’associent pas alors, beaucoup de programmes ciblant les entrepreneurs locaux, les jeunes, les femmes, les autochtones et les entrepreneurs en technologie se démènent. Les fédéraux ne doivent pas appuyer de telles organisations; ils pourraient investir dans le partage de ressources et les pratiques réussies, en encourageant la collaboration et les marchés croisés. Les Sociétés du développement du futur à travers le Canada font un travail merveilleux avec peu d’argent; plus de flexibilité avec l’appui aux programmes pourrait faire en sorte qu’ils accomplissent beaucoup plus.
Mettre à jour Entreprisescanada.com, la lavasse du site web d’Industrie Canada qui soutien la plupart du fardeau pour l’éducation à l’entreprenariat pour tous les niveaux du gouvernement. Rendez-le plus attirant, plus plaisant, plus actif; un site où les entrepreneurs voudront aller pour des renseignements, de la stimulation et de la motivation, plutôt qu’un amphithéâtre en ligne de dernier recours.
Éliminer les derniers obstacles à l’investissement informel et au capital investissement. Le Canada est mal servi en capital investissement et la crise de succession du baby-boom (des milliers d’entrepreneurs âgés essaient de vendre leur commerce en même temps) mettront nos capacités à rude épreuve.
Investir dans l’éducation, la formation à l’entreprenariat et encourager les attitudes positives face à l’entreprenariat. Appuyer les recherches académiques qui aideront plus d’entrepreneurs à apprendre ce qu’il faut pour réussir dans le marché unique du Canada. Dans l’économie mondiale, la connaissance est une arme.
Investir plus dans les services d’exportation de la MAECI. La semaine dernière j’ai entendu un certain nombre de personnes décrire le Service des délégués commerciaux du Canada comme étant le secret le mieux gardé du Canada. J’entends cette histoire depuis 20 ans; trouvons de meilleures façons de l’annoncer.
Développer une économie entrepreneuriale n’est pas synonyme de lancer de l’argent de tout bord tout côté. C’est vraiment la culture, l’éducation, la collaboration et l’engagement. C’est ainsi dans la Beauce. C’est comme ça qu’on peut le faire à travers le Canada.
- Rick Spence est écrivain, expert conseil et conférencier spécialisé en entreprenariat.
Sa chronique apparaît chaque semaine dans le Financial Post. On peut le rejoindre à rickspence%23ca|rick.
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